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Parution de Lucrèce en hexamètres

traduction de Guillaume Boussard

mercredi 9 septembre 2026

Le 2 octobre 2026 paraît le livre de Guillaume Boussard, aux éditions du Seuil

Post FB du 30 août 2026, par Guillaume Boussard

Le 2 octobre prochain, les Editions du Seuil publient ma traduction du De rērum nātūrā de Lucrèce, précédée d’une préface lumineuse de Baptiste Morizot. 
18 ans de travail s’achèvent. J’ai commencé en 2008, pour voir, pour le plaisir de faire des vers, émerveillé par l’intelligence musicale du poème latin. Je ne l’ai plus quitté et cette traduction, au fil des années, est devenue la matière de récitals poétiques et d’une thèse de doctorat. 
Après le Livre de Catulle et Le soleil d’Alexandre par André Markowicz , après l’Iliade et l’Odyssée par Philippe Brunet, après son Hésiode et nos traductions théâtrales, voici bientôt Lucrèce et son De rērum nātūrā, rendu à son statut d’épopée, versifié selon les principes de la métrique accentuelle pour la première fois en français. 
Pas besoin de notice explicative, le rythme du vers apparaît de lui-même. Il suffit d’appuyer un peu sur la première syllabe du vers, de prononcer les -E « muets » comme on le ferait dans un alexandrin, et de se laisser porter :

Car on ignore ce qu’est la nature de l’âme, si elle
naît d’elle-même ou se glisse parmi les êtres qui naissent,
si la mort la détruit avec nous, ou si elle fréquente
I, 115
les ténèbres d’Orcus, ses abîmes profonds, ou si elle
change de corps et se glisse divinement dans les bêtes
comme l’a chanté notre cher Ennius qui sut prendre,
sur l’adorable Hélicon, la première couronne éternelle
qui devait resplendir parmi les tribus italiennes ;

I, 120
et pourtant, dans des vers immortels, Ennius nous explique
qu’il existe, au bord de l’Achéron, des espaces
où ne s’infiltrent de nous ni les corps ni les âmes, mais comme
des pâleurs, des façons de simulacres étranges ;

il raconte avoir vu, là-bas, le visage d’Homère,
I, 125
jeune à jamais, s’élever devant lui, fondre en larmes salines
en commençant à déployer la nature des choses.

Le poème de Lucrèce naît d’un rêve d’Ennius. La pensée d’Épicure épouse les détours de l’épopée. Vive l’hexamètre dactylique ! En avant la musique !