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	<title>HOMEROS.FR - Atelier de m&#233;trique grecque et latine</title>
	<link>https://www.homeros.site/</link>
	<description>groupe de m&#233;trique dirig&#233; par Philippe Brunet ;
logiciel Scande&amp;Chante con&#231;u par Gilles de Rosny</description>
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		<title>Hom&#232;re et sa lyre</title>
		<link>http://www.homeros.site/spip.php?article69</link>
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		<dc:date>2009-04-27T19:39:50Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Les a&#232;des du groupe D&#233;modocos disent Hom&#232;re depuis la naissance de la troupe, inspir&#233;s par l'exemple de Stephen Daitz. Parfois, ils chantent sur des partitions &#233;crites, notamment par Fran&#231;ois Cam (cf. l'air de &#034;Muse, dis-moi&#034;, compos&#233; sur nos hexam&#232;tres fran&#231;ais puis appliqu&#233; par les com&#233;diens au grec). Ils ont tent&#233; cette diction r&#233;cit&#233;e, parfois chant&#233;e dans des lectures (L'Iliade &#224; Avignon en 2005) et dans des mises en sc&#232;ne dramatiques (Circ&#233;, Cyclope au fil des ans, de 1999 &#224; 2009). (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.homeros.site/spip.php?rubrique22" rel="directory"&gt;Hom&#232;re et la musique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les a&#232;des du groupe D&#233;modocos disent Hom&#232;re depuis la naissance de la troupe, inspir&#233;s par l'exemple de Stephen Daitz. Parfois, ils chantent sur des partitions &#233;crites, notamment par Fran&#231;ois Cam (cf. l'air de &#034;Muse, dis-moi&#034;, compos&#233; sur nos hexam&#232;tres fran&#231;ais puis appliqu&#233; par les com&#233;diens au grec). Ils ont tent&#233; cette diction r&#233;cit&#233;e, parfois chant&#233;e dans des lectures (&lt;i&gt;L'Iliade&lt;/i&gt; &#224; Avignon en 2005) et dans des mises en sc&#232;ne dramatiques (&lt;i&gt;Circ&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Cyclope&lt;/i&gt; au fil des ans, de 1999 &#224; 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, du &lt;i&gt;Retour d'Ulysse&lt;/i&gt; (1995) jusqu'&#224; mes r&#233;cents r&#233;citals du printemps 2009, j'ai d&#233;velopp&#233; une forme personnelle de diction chant&#233;e et improvis&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'absence d'instruments a frein&#233; le d&#233;veloppement de cette expression musicale. Mais le d&#233;sir est toujours rest&#233; l&#224;, de chanter, de partir des grilles harmoniques fournies par les principes de la musique antique et les t&#233;moignages musicaux, dont la troupe s'est nourrie d&#232;s le commencement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de chanter ne modifie par les donn&#233;es fournies par l'hexam&#232;tre d'Hom&#232;re. Tous les caract&#232;res (dur&#233;e, rythme, intonation) restent pris en compte par l'a&#232;de qui les int&#232;gre &#224; un phras&#233;, comme tout bon interpr&#232;te. Dans la diction chant&#233;e, comme le rappelle Aristide Quintilien, la voix saute d'un point fixe &#224; un autre au lieu de glisser, ce que fait la voix dans le &lt;i&gt;melos log&#244;des&lt;/i&gt;. La diff&#233;rence est que ce saut d'intervalle est pr&#233;vu par le syst&#232;me harmonique choisi, et cons&#233;quemment par l'accord de la lyre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit dans le fameux passage de D&#233;modocos au chant VIII de l&lt;i&gt;'Odyss&#233;e&lt;/i&gt;, que je me souviens avoir psalmodi&#233; au Festival latin grec &#224; B&#233;cherel (&#233;dition 2006) en me laissant aimanter par les &lt;i&gt;Hymnes delphiques&lt;/i&gt;, ou dans l&lt;i&gt;'Invocation &#224; la Muse&lt;/i&gt;, toujours recommenc&#233;e, pour l'&lt;i&gt;Iliade&lt;/i&gt; comme pour l'&lt;i&gt;Odyss&#233;e&lt;/i&gt;, au Couvent des R&#233;collets ou &#224; la BNF (colloque &lt;i&gt;Sur les traces d'Ulysse&lt;/i&gt;, 27 mai 2007), certains jours, la voix a voulu chanter, ne pas seulement rester dans la parole. A la Sorbonne, dans les lectures de ce d&#233;but d'ann&#233;e, l'&lt;i&gt;Iliade&lt;/i&gt;, que nous lisions dans ma traduction, me venait souvent en grec, avec la tentation irr&#233;sistible du chant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acquisition toute r&#233;cente de lyres traditionnelles &#224; cinq cordes port&#233;es &#224; six ou &#224; sept, trouvaille inesp&#233;r&#233;e, me permet d'envisager une forme d'accompagnement pour le chant de l'a&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon exp&#233;rience de cette improvisation est que la tr&#232;s grande finesse de nos analyses, telles qu'elles sont d&#233;velopp&#233;es sur ce site, devient une source d'inspiration pour le d&#233;veloppement du chant. Bien s&#251;r, il ne suffit pas d'appliquer des r&#232;gles, ni d'&#234;tre dans une d&#233;marche philologique stricte qui imposerait des principes purement intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des exemples de monodie &#224; 2, 3 ou 4 notes existent dans les t&#233;moignages de l'ethno-musicologie : je ne connais rien de plus beau que certains chants tr&#232;s simples de l'Afghanistan ou de la Mongolie. Mais l'&#233;nergie de la communaut&#233; qui porte ces chants leur donne une dimension tr&#232;s particuli&#232;re. Le vent qui traverse ces chants ne vient pas du confinement d'un studio ; ce qu'ils savent, les chanteurs ne l'ont pas appris dans un dictionnaire de prosodie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tentatives de restitution harmonique dans les genres diatoniques, chromatiques, et m&#234;me enharmoniques dans les compositions de Fran&#231;ois Cam (&lt;i&gt;Orestie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Antigone&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Erechth&#233;e&lt;/i&gt;) rel&#232;vent d'un myst&#232;re : celui du th&#233;&#226;tre et de sa transmission renou&#233;e par la magie de lois musicales. Toucher &#224; cette m&#233;moire enfouie, &#224; partir d'aujourd'hui, telle est la d&#233;marche th&#233;&#226;trale que nous avons entreprise avec D&#233;modocos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la voix &#233;pique, celle que nos laboratoires de recherche traquent, exp&#233;rimentent, analysent, reste au-del&#224; de toute connaissance musicale. Des statuettes minoennes d'a&#232;des lyricines en marbre aux rhapsodes des vases attiques, des t&#233;moignages dans les biographies tardives, des r&#233;f&#233;rences dans toute la litt&#233;rature antique, et les exemples de l'ethno-musicologie ne font que confirmer notre ignorance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste l'hexam&#232;tre, et les fascinantes relations de la langue et du rythme, du verbe et du chant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passer de l'universit&#233; &#224; l'espace des muses ? &#231;a ne se d&#233;cide pas depuis l'estrade de nos amphith&#233;&#226;tres. Les r&#233;centes restitutions vocales, musicales, th&#233;&#226;trales issues de la philologie fonctionnent trop souvent &#224; partir de leurs propres r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que l'art ne saurait avoir de vis&#233;e d&#233;monstrative, la perception de l'art engage bien autre chose qu'une &#233;valuation critique du savoir mis en oeuvre. Et l&#224;, on se doute qu'il s'agit de tout autre chose que de technique vocale ou musicale. Parfois, il ne sert &#224; rien de chanter devant des sp&#233;cialistes. C'est m&#234;me dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est li&#233;. L'a&#232;de ne saurait &#234;tre seul avec ses formules et ses modes, m&#234;me si, dans son studio, il feint de s'isoler. Jamais il ne saurait oublier le public, ni avant, ni pendant, ni apr&#232;s. C'est en aspirant &#224; une langue commune que l'a&#232;de s'accorde, puis chante. C'est avec l'&#233;cho de son chant qu'il travaille, avec la mani&#232;re dont les autres le re&#231;oivent, avec l'attente des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me musical n'est qu'un seul aspect des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fixant l'harmonie selon une vis&#233;e pr&#233;d&#233;finie, les cordes de la lyre cadrent l'improvisation de l'a&#232;de, sans la contraindre. Le faible nombre de cordes implique des choix pr&#233;alables : on d&#233;cide d'avoir le t&#233;tracorde complet, ou non. Le choix harmonique engage personnellement l'a&#232;de dans une couleur donn&#233;e, d&#233;termin&#233;e par le genre, ou bien ouverte et libre. Faut-il pr&#233;voir de changer de genre au cours d'un m&#234;me chant ? Doit-on le faire avec la m&#234;me lyre, ou avec une autre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; de faire &#233;cho, d'orner avec la lyre offre &#224; l'a&#232;de une nouvelle gestion du temps musical, et pas seulement en fin d'hexam&#232;tre. La narration red&#233;marre souvent &#224; la trocha&#239;que troisi&#232;me (T3), ou &#224; la di&#233;r&#232;se quatri&#232;me (D4). La pause interdite des m&#233;triciens devient plus que jamais l'espace d&#233;sir&#233;, creus&#233;, approfondi, de l'interpr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de l'alternance ou superposition de la lyre et du texte, la langue grecque ne saurait emprisonner l'a&#232;de dans une tour d'ivoire. L'a&#232;de peut traduire, m&#234;ler les langues, improviser sans nul doute, mais il peut aussi faire vibrer cette langue transparente, d&#233;barrass&#233;e d'une compr&#233;hension de surface, restrictive et trompeuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, la recherche d'une sinc&#233;rit&#233; dans la naissance du geste vocal semble requ&#233;rir une d&#233;marche solitaire, personnelle. L'a&#232;de doit chercher son chant. A c&#244;t&#233; de la scansion chorale commune, qui nous vaut tant de bonheurs, il est non moins n&#233;cessaire de faire silence, d'&#233;couter en soi et hors de soi, d'&#233;grener quelques notes toutes simples. Et de laisser Hom&#232;re conduire ce chant int&#233;rieur, fr&#234;le, dont le premier &#233;tonn&#233; est l'a&#232;de lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=Jg_acu_Cmgo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La travers&#233;e d'Ulysse&lt;/strong&gt; : Extrait video sur Youtube.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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